D'ÎLES EN ILS

26 avril 2010

Vaincre le stress en cinq étapes

Il n'a pas sonné. Le réveil n'a pas sonné. J'ouvre les yeux. 6H30. Décontraction. A 7h, il retentira et lancera le départ d'une très longue journée. Car aujourd'hui je me rends à l'autre extrémité de la Terre pour un voyage dont la fin n'a pas encore été arrêtée. A mes côtés, Matthieu dort. Il se réveillera sous peu avec, comme moi, un petit goût d'alcool dans la bouche, souvenir d'une soirée raisonnablement courte mais bien arrosée. Il a accepté de m'aider dans la pénible tâche du transport de mes 40kg de bagage. Un vrai copain, ce frère de faciès.

Avant 8h, nous sommes dans la rue et deux métros et un RER plus tard, nous grimpons les marches qui nous mènent au terminal 2 de l'aéroport. Le nuage de cendre n'a pas eu raison de mon vol, c'est écrit sur les écrans et ça anéanti l'une de mes cinq raisons de stresser. A l'enregistrement, la deuxième s'évanouit de même : je suis à 2kg du poids autorisé.                      Je sers mon ami dans mes bras et prends le chemin du départ. Douane, attente, embarquement. Me voici dans l'avion, destination Papeete, Tahiti.

Il n'y a et n'y aura personne à côté de moi jusqu'à Los Angeles. Pour 12h de vol, c'est assez confortable. Dehors, il fait jour et à notre arrivée dans la ville californienne, alors que pour mon horloge biologique il est minuit, c'est encore le cas. Les journées polaires doivent être effrayantes.  Mais cette peur de l'ensoleillement permanent n'a rien de comparable avec celle de se trouver à plus de 10km du sol dans une carcasse de métal qui jamais ne pourra résister à une chute. Je me demande si la pression résultant d'un changement si brusque d'altitude n'aurait pas raison des corps  des humains avant un éventuel impact. En réalité, je ne me pose pas ces questions, je préfère suivre les programmes cinématographiques proposés par la compagnie.

Et de trois! Le stress est partiellement vaincu ! Les États-Unis ont bien voulu m'accorder un court séjour sur leur territoire. Bref serait peut-être plus approprié puisque deux heures plus tard, notre avion repart vers sa destination finale. Si le soleil n'a pas encore décidé de se coucher, il est en revanche grand temps pour moi d'y penser. Je lutte quelques heures et sombre finalement dans un sommeil recroquevillé jusqu'à notre arrivée. Quand j'ouvre les yeux, le ciel s'est paré de ses constellations australes, c'est bon signe.

La vue de mes bagages sur le tapis roulant m'indique que le stress n°4 peut aller se rhabiller et la présence de Leny appuyé sur un poteau dans le hall de l'aéroport me confirme que le n°5 n'a qu'à le suivre. L'inquiétude appartient désormais bien au passé, le voyage a commencé.

Posté par netenyaka à 04:37 - Commentaires [0] - Permalien [#]